L'église romane a été bâtie par les Bénédictins de Saint-Sever, au douzième siècle.
Les solides murailles, en pierres de taille, résistèrent plus tard aux tentatives des Huguenots. Les murs de l'église sont antérieurs au règne de saint Louis. Le chœur et les soubassements portent, en effet, le cachet du douzième siècle.
L'extérieur fut décoré autrefois d'une corniche formée de billettes superposées dont il ne reste plus qu'un seul fragment sur un contrefort. Ici l'art roman a mis fortement son empreinte.
Çà et là, sur la pierre des murs extérieurs, apparaissent des signes lapidaires, des marques de tâcherons, des figures géométriques, des lettres, des animaux grossièrement dessinés par les ouvriers qui élevèrent l'édifice.
Le clocher, sorte de tour carrée, est surmonté d'une flèche pointue. Il comporte 3 cloches qui sonnent encore aujourd'hui.
Comme tant d'autres, le clocher d'Eyres a dû être affecté, selon les circonstances, à des usages militaires. Ce qui le prouve, ce sont les lucarnes en forme de meurtrières placées aux étages du clocher, et reproduites dans la partie supérieure des murs de la nef.
L'église ne comporte pas de façade. Placée à l'endroit où se trouve, en général, l'entrée, la tour du clocher, qui sert de porche, n'a qu'une porte latérale au Nord.
L'assiette de l'ancien chemin explique la situation latérale de cette porte. La route actuelle date du premier Empire. Auparavant, ainsi que le prouvent les cartes et certaines photos, la voie de communication allant de Saint-Sever à Eyres passait au nord entre l'église et la colline voisine. La porte en question présentait donc le plus facile accès.
Au-dessus de la porte extérieure, une ouverture, inscrite dans un arc, est munie de deux bancs de pierre destinés aux archers qui y montaient la garde.
À l'intérieur, l'église, où l'on accède en descendant trois marches, est à peu près carrée. En effet, elle va en s'élargissant vers la partie voisine du choeur. ( De nombreux indices relevés dans une étude faite pour l'Evêché d'Aire établissent que l'édifice devait avoir primitivement la forme d'une croix latine). Les travaux pour l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite seront réalisés courant 2024.
L'ouragan du seizième siècle couvrit de ruines le pays landais. Ces ruines, il fallut les relever lorsque l'accalmie se produisit après la tempête. Dans ce but, quand il s'agit de remplacer l'ancien faitage en bois apparent établi, selon l'ancienne mode du pays, et devenu la proie des flammes, on bâtit en briques la voûte actuelle de la nef. En même temps, les deux travées des nefs latérales furent élevées à la suite de celles qui formaient auparavant les deux bras de la Croix.
À la travée sud, une clef de voûte est ornée d'un écusson aux armes de France: « D'azur à trois fleurs de lis d'or. »
Le chœur présente une particularité qui, dès l'entrée, frappe le visiteur. Fortement incliné à droite, il offre un symbole de Notre-Seigneur sur la Croix, alors que sa tête, penchée sur son épaule, portait le poids des péchés du monde.
Des arcs doubleaux de forme différente, le premier en arc à tiers point, le second à plein cintre, divisent le chœur en deux parties.
Au fond du sanctuaire, dans un vitrail moderne, l'image de Saint-Barthélemy flamboie, lorsque le soleil levant illumine de ses rayons sa robe de pourpre et son nimbe d'or.
Quant à la sacristie, pièce voûtée qui ne manque pas d'élégance, elle date du quinzième siècle ou du commencement du seizième.
Autour de l'église se trouve le cimetière.
Cet article a été écrit avec l'aide du livre En Chalosse notes historiques (Editions des Régionalismes, 163-165 p.) d'André de Laborde-Lassale (1846-1924), ancien maire d'Eyres-Moncube.
L'église d'Eyres-Moncube est rattachée à la paroisse Notre Dame du Mont Carmel.
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Accessibilité
En 2024, l'accès à l'église et au cimetière va être adapté aux personnes à mobilité réduite (parking, signalétique, rampes, réaménagement du parvis,...)